Bore-out, baisse de productivité : comment manager l’ennui

Un salarié qui s’ennuie, c’est le synonyme d’une baisse de productivité qui peut aller jusqu’à un mal-être profond. Mais il existe des pistes pour sortir de la crise.

S’ennuyer au bureau. Alors que l’on parle beaucoup du burn-out, la situation peut surprendre mais est bien réelle. L’ennui peut être passager mais aussi devenir chronique. “On distingue plusieurs stades dans l’ennui. Un ennui à court terme lié à certaines tâches que l’on ressent comme manquant d’intérêt et qui ne nous motivent pas, l’ennui qui survient alors que son emploi s’est transformé et comporte désormais des activités routinières, ou l’ennui que l’on ressent au global dans tout son travail comme s’il était vidé de sens ou étant très routinier et déshumanisé”, explique Agnès Muir Poulle, professeur à Grenoble École de Management, spécialisée dans le management, le leadership et l’intelligence collective.

Les symptômes du burn-out

Un sujet à ne pas prendre à la légère car l’ennui provoque fatigue, irritabilité ou un manque d’attention, et en cas de“bore-out”, peut aller jusqu’à la dépression, le manque d’estime de soi, la perte de mémoire, voire l’AVC. “Le bore-out, c’est le stade ultime de l’ennui au travail. Il s’agit d’une saturation du travail non pas par excès mais par manque d’activité. Le salarié n’en peut plus”, éclaire Delphine Hosy, enseignant-chercheur au sein de l’ESAIP, école d’ingénieurs à Saint-Barthélemy d’Anjou (Maine et Loire). Et le salarié qui s’ennuie au boulot est moins productif, plus absent ou peut finir par démissionner.

“Le risque de l’ennui c’est aussi que le salarié parle en mal de l’entreprise à l’extérieur et que cela atteigne sa notoriété avec pour conséquence collatérale la difficulté à recruter”, met en garde la professeur à Grenoble École de Management.  Il faut donc agir. “Les symptômes sont difficiles à détecter mais on peut estimer qu’un salarié qui critique beaucoup, qui prend beaucoup de pauses ou qui propose plein de projets, peut être touché par l’ennui. C’est aussi celui qui apparaît avec une grande tristesse au bureau ou que l’on sent résigné voire dégoûté”, précise-t-elle encore.

Quand l’ennui au travail est pressenti ou quand il est exprimé, le manager doit solliciter un entretien car le salarié, ayant souvent honte de la situation, ne fera que rarement le premier pas. “L’entrevue devrait être menée sans présence hiérarchique et en dehors des entretiens obligatoires, annuels ou de carrière, afin de créer et développer un […]

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Source : Audrey Pelé – courriercadres.com

 

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