Pour paraître sûres d’elles, les femmes doivent aussi donner l’impression d’être chaleureuses

Contrairement aux hommes, les femmes ne peuvent pas se contenter d’être compétentes pour être influentes dans l’entreprise.

Pourquoi y a-t-il aussi peu de femmes aux fonctions de direction ? Mes collaboratrices de recherche (Laura Guillén de l’ESMT et Natalia Karelaia de l’Insead) et moi pensons avoir éclairé d’un nouveau jour cette question complexe. Mais tout d’abord, quelques rappels s’imposent. On entend souvent dire qu’il s’agirait d’une question de confiance en soi. Dans une étude précédente, nous avons, mes collègues et moi, constaté que les femmes ont tendance à évaluer correctement leurs aptitudes alors que les hommes tendent au contraire à se montrer excessivement confiants quant aux leurs (« Aligning or Inflating Your Leadership Self-Image? A Longitudinal Study of Responses to Peer Feedback in MBA Teams », Academy of Management Learning and Education 11, no 4 (2012), p. 631-652). Ainsi, peut-on alors penser, le fait que les femmes aient moins confiance en elles que les hommes nuirait à leurs possibilités de promotion.

Alors que les travaux de recherche précédents ont analysé le regard que les femmes portent sur elles-mêmes, nous avons voulu savoir comment les autres – les supérieurs hiérarchiques, leurs subordonnés, leurs collègues – évaluaient la confiance des femmes en elles-mêmes et ce qui influençait cette évaluation.

La professeure de psychologie et d’affaires publiques au département de psychologie de l’Université de Princeton, Susan Fiske, et ses collègues ont montré que l’on juge généralement les autres selon deux grandes dimensions universelles : la compétence et la chaleur humaine (« Universal Dimensions of Social Cognition: Warmth and Competence », Trends in Cognitive Sciences 11, no 2 (2006), p. 77-83). Nous avons décidé de nous intéresser aux deux, en plus de la confiance en soi. Faute de pouvoir mesurer directement la probabilité d’être promu, nous avons retenu à la place le degré d’influence, en partant du principe que les personnes considérées comme influentes ont davantage de chances d’être promues à des fonctions de direction. Au cours de cette étude, nous avons analysé les jugements que portaient des salariés sur le degré de compétence et de chaleur humaine de 236 ingénieurs, hommes et femmes, appartenant à des […]

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Source : Margarita Mayo – hbrfrance.fr

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